Pologne : les cas de logiciels espions « pointe de l’iceberg » : chien de garde

Les smartphones infectés par Pegasus sont essentiellement transformés en appareils d'espionnage de poche

Les smartphones infectés par Pegasus sont essentiellement transformés en appareils d’espionnage de poche.

Les récentes allégations selon lesquelles le logiciel espion Pegasus a été utilisé contre trois opposants au gouvernement polonais sont probablement la « partie émergée de l’iceberg », a déclaré mercredi un cyber-expert qui a aidé à identifier les écoutes téléphoniques.

Des preuves du piratage, qui est devenu un scandale majeur en Pologne, ont été rapportées par l’organisme canadien de surveillance de la cybersécurité Citizen Lab.

« Nous pensons que ce n’est que la pointe de l’iceberg et qu’il y aura d’autres découvertes à venir », a déclaré à l’AFP John Scott-Railton, chercheur principal du groupe.

« C’est choquant et ça a l’air très mauvais », a-t-il déclaré. « Pegasus est un outil de dictateurs. Son utilisation dans ces cas indique un glissement autoritaire » en Pologne.

Les smartphones infectés par Pegasus sont essentiellement transformés en appareils d’espionnage de poche, permettant à l’utilisateur de lire les messages de la cible, de parcourir ses photos, de suivre sa position et même d’allumer son appareil photo à son insu.

L’une des victimes, l’avocat Roman Giertych, impliqué dans plusieurs affaires contre le parti au pouvoir Droit et justice (PiS), a déclaré au quotidien polonais Gazeta Wyborcza que le gouvernement utilisait le logiciel espion « pour combattre l’opposition démocratique ».

Ewa Wrzosek, procureur et figure de l’opposition, a également déclaré que le logiciel espion avait été utilisé contre elle, ajoutant qu’elle avait été alertée pour la première fois par Apple.

Scott-Railton a confirmé mercredi que Citizen Lab avait également informé le sénateur Krzysztof Brejza du parti d’opposition Civic Platform, que son smartphone avait été infecté à plusieurs reprises sur une période de six mois lors des élections de 2019.

« Leurs vies étaient sous surveillance étroite, c’était très invasif », a déclaré Scott-Railton.

Les allégations de piratage ont été qualifiées par les médias polonais de « Watergate polonais », en référence au scandale qui a éclaté après la campagne de réélection de l’ancien président américain Richard Nixon, qui a finalement conduit à sa démission en 1974.

La Pologne a rejeté les accusations selon lesquelles elle aurait utilisé le logiciel espion Pegasus à des fins politiques.

Mais Stanislaw Zaryn, porte-parole du ministère en charge des services secrets du pays, n’a ni confirmé ni infirmé si la Pologne utilisait Pegasus.

Le groupe NSO, propriétaire israélien de Pegasus, a déclaré à l’AFP qu’il est vendu « uniquement aux forces de l’ordre légitimes qui utilisent ces systèmes sous mandat pour lutter contre les criminels, les terroristes et la corruption ».

En juillet, une controverse a éclaté autour de Pegasus, après qu’une enquête collaborative menée par plusieurs médias a rapporté que les gouvernements utilisaient Pegasus pour espionner des militants, des journalistes, des avocats et des politiciens.

Le mois dernier, les autorités américaines ont mis la NSO sur liste noire en limitant les exportations vers celle-ci en provenance de groupes américains en raison d’allégations selon lesquelles la société israélienne « aurait permis à des gouvernements étrangers de mener une répression transnationale ».

Le chef de l’opposition polonaise Donald Tusk a déclaré mardi que des informations récentes selon lesquelles le gouvernement espionnait ses opposants représentaient la plus grande « crise pour la démocratie » du pays depuis la fin du communisme.

Tusk, un ancien président du Conseil de l’UE, a également appelé à une enquête parlementaire sur les allégations.


Le fabricant de Pegasus enquête sur des rapports que son logiciel espion ciblait des diplomates américains


© 2021 AFP

Citation: Cas de logiciels espions en Pologne « pointe de l’iceberg » : chien de garde (2021, 30 décembre) récupéré le 30 décembre 2021 à partir de https://techxplore.com/news/2021-12-poland-spyware-cases-iceberg-watchdog.html

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