Un tribunal français ordonne à Twitter de révéler ses efforts contre les discours de haine

Des groupes anti-discrimination français ont poursuivi Twitter en justice l'année dernière, l'accusant d'échecs « à long terme et persistants » dans le blocage

L’année dernière, des groupes anti-discrimination français ont poursuivi Twitter en justice, l’accusant d’échecs « à long terme et persistants » dans le blocage des commentaires haineux.

Un tribunal français a ordonné mardi à Twitter de donner aux militants un accès complet à tous ses documents relatifs à ses efforts pour lutter contre le racisme, le sexisme et d’autres formes de discours de haine sur le réseau social.

Six groupes anti-discrimination avaient poursuivi Twitter en justice en France l’année dernière, accusant le géant américain des médias sociaux d’échecs « à long terme et persistants » dans le blocage des commentaires haineux du site.

Le tribunal de Paris a ordonné à Twitter d’accorder aux groupes de campagne un accès complet à tous les documents relatifs aux efforts de l’entreprise pour lutter contre les discours de haine depuis mai 2020. La décision s’applique aux opérations mondiales de Twitter, pas seulement à la France.

Twitter doit remettre « tous les documents administratifs, contractuels, techniques ou commerciaux » détaillant les moyens qu’il a consacrés à la lutte contre les discours homophobes, racistes et sexistes sur le site, ainsi que « l’apologie des crimes contre l’humanité ».

La société basée à San Francisco a eu deux mois pour se conformer à la décision, qui a également déclaré qu’elle devait révéler le nombre de modérateurs qu’elle employait en France pour examiner les publications signalées comme haineuses et les données sur les publications qu’elles traitaient.

La décision a été saluée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a poursuivi Twitter en justice aux côtés de cinq autres groupes qui militent contre l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme.

« Twitter devra enfin prendre ses responsabilités, cesser d’équivoquer et faire passer l’éthique avant le profit et l’expansion internationale », a déclaré l’UEJF dans un communiqué publié sur son site Internet.

Des lacunes dans le filet

La politique de conduite haineuse de Twitter interdit aux utilisateurs de promouvoir la violence ou de menacer ou d’attaquer des personnes en raison de leur race, religion, identité de genre ou handicap, entre autres formes de discrimination.

Comme d’autres géants des médias sociaux, il permet aux utilisateurs de signaler les publications qu’ils jugent haineuses et emploie des modérateurs pour vérifier le contenu.

Mais les groupes anti-discrimination se plaignent depuis longtemps que des failles dans la politique permettent aux commentaires haineux de rester en ligne dans de nombreux cas.

Les procureurs français ont annoncé mardi avoir ouvert une enquête sur une vague de propos racistes postés sur Twitter ciblant des membres de l’équipe nationale de football.

Les commentaires, ciblant notamment la star noire du Paris Saint-Germain Kylian Mbappe, ont été publiés après l’élimination de la France du tournoi Euro 2020 la semaine dernière.

La France a également eu un débat public plus large sur la façon d’équilibrer le droit à la liberté d’expression avec la nécessité d’empêcher les discours de haine, à la suite de l’affaire controversée d’une adolescente connue sous le nom de Mila.

La jeune femme de 18 ans a fait fureur l’année dernière lorsque ses vidéos, critiquant l’islam en termes vulgaires, sont devenues virales sur les réseaux sociaux.

Treize personnes sont en procès, accusées de l’avoir soumise à un harcèlement si vicieux qu’elle a été forcée de quitter l’école et a été placée sous protection policière.

Alors que le président Emmanuel Macron fait partie de ceux qui ont défendu son droit au blasphème, les critiques de gauche affirment que ses remarques initiales équivalaient à un discours de haine contre les musulmans.


Facebook visé par un procès en France pour discours de haine


© 2021 AFP

Citation: Un tribunal français ordonne à Twitter de révéler les efforts contre le discours de haine (2021, 6 juillet) récupéré le 6 juillet 2021 sur https://techxplore.com/news/2021-07-french-court-twitter-reveal-anti-hate.html

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