L’UE dévoile les règles de l’IA pour apaiser les craintes de Big Brother

Grand frère

Crédit: CC0 Public Domain

L’UE dévoile mercredi un plan pour réglementer le vaste domaine de l’intelligence artificielle, visant à faire de l’Europe un chef de file dans la nouvelle révolution technologique tout en rassurant le public contre les abus de type «Big Brother».

« Qu’il s’agisse d’agriculture de précision dans l’agriculture, de diagnostic médical plus précis ou de conduite autonome sûre – l’intelligence artificielle nous ouvrira de nouveaux mondes. Mais ce monde a également besoin de règles », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son état des lieux. – discours syndical en septembre.

« Nous voulons un ensemble de règles qui placent les gens au centre. »

La Commission, le bras exécutif de l’UE, prépare la proposition depuis plus d’un an et un débat impliquant le Parlement européen et 27 États membres doit se poursuivre pendant des mois avant qu’un texte définitif ne soit en vigueur.

Les règles font partie des efforts de l’UE pour définir les conditions de l’IA et rattraper les États-Unis et la Chine dans un secteur qui va de la reconnaissance vocale à l’assurance et à l’application de la loi.

Le bloc essaie de tirer les leçons après avoir largement raté la révolution Internet et ne pas avoir réussi à produire des concurrents majeurs pour rivaliser avec les géants de la Silicon Valley ou leurs homologues chinois.

Mais il y a eu des préoccupations concurrentes au sujet des projets des grands groupes de technologie et de défense des libertés civiles, affirmant que l’UE allait trop loin ou n’allait pas assez loin.

‘Risque élevé’

Le projet de règlement, vu par l’AFP, va créer une interdiction sur un nombre très limité d’utilisations qui menacent les droits fondamentaux de l’UE.

Cela rendrait interdite la «surveillance généralisée» de la population ainsi que toute technologie «utilisée pour manipuler le comportement, les opinions ou les décisions» des citoyens.

Tout ce qui ressemble à une évaluation sociale des individus en fonction de leur comportement ou de leur personnalité serait également interdit, selon le projet.

Les applications militaires de l’intelligence artificielle ne seront pas couvertes par les règles et des autorisations spéciales sont envisagées pour couvrir les activités antiterroristes et la sécurité publique.

Les infractions, en fonction de leur gravité, peuvent entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial des entreprises.

Pour promouvoir l’innovation, Bruxelles souhaite fournir un cadre juridique clair aux entreprises des 27 États membres de l’Union.

À cette fin, le projet de règlement prévoit que les entreprises auront besoin d’une autorisation spéciale pour les applications jugées «à haut risque» avant qu’elles n’atteignent le marché.

Les systèmes à haut risque incluraient « l’identification biométrique à distance des personnes dans les lieux publics » ainsi que « les éléments de sécurité dans les infrastructures publiques critiques ».

D’autres utilisations, non classées comme «à haut risque», n’auront pas de contraintes réglementaires supplémentaires au-delà de celles existantes.

Équilibre difficile

Google et d’autres géants de la technologie prennent très au sérieux la stratégie d’intelligence artificielle de l’UE, car l’Europe établit souvent une norme sur la réglementation de la technologie dans le monde.

L’année dernière, Google a averti que la définition européenne de l’intelligence artificielle était trop large et que Bruxelles devait s’abstenir de sur-réglementer une technologie cruciale.

Alexandre de Streel, codirecteur du groupe de réflexion Centre sur la régulation en Europe (Cerre), a déclaré qu’il y avait un équilibre difficile à trouver entre protection et innovation.

Le texte « établit un cadre relativement ouvert et tout dépendra de la manière dont il sera interprété », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le lobbyiste technologique Christian Borggreen, de l’Association de l’industrie de l’informatique et des communications, a salué «l’approche basée sur les risques» de l’UE pour réglementer l’IA.

«Ce serait une approche sage et stratégique», a-t-il déclaré.

Mais pour certains militants des libertés civiles, les nouvelles règles ne vont pas assez loin pour freiner les abus potentiels dans les technologies de pointe qui semblent avoir un impact considérable sur la vie quotidienne.

« Il permet encore certaines utilisations problématiques, telles que la surveillance biométrique de masse », a déclaré Orsolya Reich du groupe de coordination Libertés.

« L’UE doit adopter une position plus ferme … et interdire la surveillance aveugle de la population sans permettre d’exceptions. »


L’UE dévoilera les règles de l’IA pour lutter contre les craintes de Big Brother


© 2021 AFP

Citation: L’UE dévoile les règles de l’IA pour tempérer les craintes de Big Brother (2021, 21 avril) récupéré le 21 avril 2021 sur https://techxplore.com/news/2021-04-eu-unveils-ai-temper-big.html

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