L’entraîneur biélorusse inculpé après le scandale des défections aux JO 2020

Jeudi matin, l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) a porté plainte contre l’entraîneur biélorusse Iouri Maisevitch pour son traitement de sprinter Krystsina Tsimanouskaya, qui a fait défection en Pologne lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020.

Un jour avant que Tsimanouskaya ne devait participer au 200 m féminin aux Jeux olympiques de Tokyo, elle a accusé les responsables du Comité olympique biélorusse de l’avoir forcée à participer au relais 4×400 m sans son consentement. Elle s’est plainte de la situation dans une vidéo sur les réseaux sociaux, ce qui a suscité des critiques de la part des médias biélorusses, qui ont affirmé qu’elle manquait d’esprit d’équipe.

Elle a été forcée de rater sa course de 200 m à cause de l’incident. Le lendemain, elle a été emmenée à l’aéroport Haneda de Tokyo et renvoyée chez elle, mais elle a refusé de prendre le vol de retour vers la Biélorussie.

L’entraîneur de l’équipe nationale, Maisevich, et officiel olympique biélorusse Arthur Shumak tous deux ont vu leur accréditation révoquée par le Comité international olympique (CIO) après que Tsimanouskaya a affirmé qu’elle avait été emmenée à l’aéroport contre son gré. Elle a demandé l’aide de la police au Japon; deux semaines plus tard, Tsimanouskaya, 26 ans, a reçu un visa humanitaire pour la Pologne et un passage sûr vers le pays, qui borde la Biélorussie. Elle est ensuite devenue citoyenne polonaise et étudie actuellement à l’Université d’éducation physique Józef Piłsudski à Varsovie.

Le ministre polonais des Sports et de la Culture Piotr Gliński et l’olympienne biélorusse Krystsina Tsimanouskaya. Photo : Danuta Matloch/WC

En septembre 2021, le CIO et World Athletics ont renvoyé l’affaire à l’AIU, accusant Maisevich d’avoir enfreint les normes énoncées dans le code de conduite d’intégrité.

L’AIU est un organisme indépendant créé par World Athletics pour gérer toutes les questions d’intégrité (à la fois liées au dopage et non liées au dopage) pour le sport de l’athlétisme.

Le chef de l’UIA, Brett Clothier, expliqué dans un communiqué de presse : “Un rôle important de l’AIU est de protéger les athlètes et de les protéger contre le harcèlement.”

Siège du CIO à Lausanne, Suisse. Photo : CIO/Christophe Moratal

L’AIU allègue qu’en ce qui concerne les circonstances de l’expulsion de Tsimanouskaya des Jeux olympiques, «Maisevich n’a pas agi avec intégrité et a agi de mauvaise foi; n’a pas protégé la dignité de l’athlète et ses actions ont constitué un harcèlement verbal et mental ; et qu’il a jeté le discrédit sur l’athlétisme en général.

L’AIU n’a pas révélé les détails de l’accusation et les implications pour l’avenir de Maisevich dans le sport ne sont pas claires.