Le sprint aquatique pourrait-il devenir le prochain sport olympique ?

Les Jeux olympiques de Paris 2024 approchent à grands pas et les meilleurs athlètes du monde se disputeront l'or sur piste, sur route et sur terrain. Existe-t-il un potentiel pour un nouveau sport olympique qui défie les normes athlétiques traditionnelles ? C'est le cas du sprint aquatique, un phénomène démontré par des lézards basilics et un oiseau appelé grèbe élégant. Les scientifiques étudient la possibilité que les humains puissent également réussir cet exploit remarquable, comme le rapporte le site physicsworld.com.

grèbe élégantgrèbe élégant
Photo : wikicommons

Comment les animaux font-ils cela ?

Le lézard basilic, souvent appelé « lézard Jésus-Christ » pour sa capacité à sprinter sur l'eau, peut échapper aux prédateurs en courant brièvement à la surface de l'eau. Dr. Tonia Hsiehbiologiste à l'université de Harvard, a étudié la façon dont les lézards défient la gravité. Hsieh a découvert que lorsque les lézards courent, leurs grandes pattes frappent l'eau, créant une force qui les propulse vers l'avant et vers le haut. Les recherches de Hsieh ont montré que même si ces lézards peuvent courir sur l'eau en raison de leur vitesse et de la taille de leurs pattes, garder l'équilibre sur cette surface en constante évolution reste un défi de taille.

Lézard basilicLézard basilic
lézard Photo : Bernard Dupont/wikiCommons

Les humains et l'eau qui coule

L'idée que des humains parviennent à maîtriser la capacité de traverser rapidement des surfaces aquatiques est séduisante, mais difficile. Des chercheurs de Harvard Tom McMahon et Jim Glasheen a développé un modèle mathématique suggérant que pour courir sur l'eau, un humain devrait frapper l'eau avec une force près de 15 fois supérieure à la puissance maximale que nous pouvons exercer. Le basilic court également sur une surface souple, contrairement aux humains sur une piste ou une route.

Des expériences plus récentes ont exploré des conditions de gravité réduite pour simuler l’écoulement de l’eau. Leurs résultats ont montré que même si les humains pouvaient faire couler l’eau pendant quelques secondes avec une gravité terrestre de 10 %, les vitesses et les forces requises sur Terre rendent cela impossible.

Sha'Carri RichardsonSha'Carri Richardson
Sha'Carri Richardson aux championnats USATF 2023. Photo : Kevin Morris

Sha'Carri Richardson pourrait sprinter dans l'espace

Titan, la lune de Saturne, offre un terrain propice à la course sur l'eau. Avec seulement 13,8 % de la gravité terrestre et des lacs d'éthane liquide, des athlètes comme Richardson, l'actuelle championne du 100 m féminin, pourraient-ils courir sur la surface de Titan ? Les capacités de sprint de Richardson pourraient lui permettre de traverser les lacs d'éthane de Titan, mais elle devrait affronter des températures extrêmement froides.

Bien que la course sur l’eau reste un phénomène naturel qui nous émerveille plutôt qu’un sport olympique viable (du moins pour l’instant), elle stimule l’imagination quant à ce qui pourrait être possible dans des environnements différents. Si l’exploration spatiale continue de progresser, nous pourrions un jour voir des olympiens courir sur les eaux de planètes lointaines.

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